
Pour ce premier article, je voulais vous parler d’un premier album. Celui de Victoria Canal. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est peut-être parce que j’en avais déjà parlé dans un des premiers épisodes du podcast en avril 2021. À l’époque, je cherchais à recommander des artistes et musicien.nes avec des handicaps physiques, que l’on voit trop peu dans le monde de la musique. C’est là que j’ai découvert Victoria Canal, qui, en plus d’être une musicienne, compositrice et interprète de talent, est née sans son avant-bras droit. Quand l’épisode du podcast est sorti, elle avait seulement un premier EP à son actif. Depuis, elle a, entre autres, fait la première partie de Hozier, partagé la scène de Glastonbury avec Coldplay, fait son coming-out bi, et sorti un deuxième EP intitulé WELL WELL en 2023, où l’on retrouve le morceau She Walks In, qui m’avait beaucoup touché car c’était la première fois que j’entendais une chanson qui parlait si ouvertement de ce que l’on peut ressentir en étant une personne avec un handicap physique dans l’espace publique validiste. On peut donc dire que j’attendais ce premier album avec impatience. Et l’attente s’est enfin terminée en janvier dernier avec la sortie de Slowly, It Dawns.
Elle ouvre l’album avec June Baby et en bon cliché queer fait une référence à l’astrologie dès le premier couplet. Evidement j’ai de suite penser à Gemini Moon de Renée Rapp ou encore à Earth Sign de Brittany Howard. Comparaisons faciles je vous l’accorde, et qui s’arrete au titre et aux paroles, puisque dans les sonorités on est plus proche de Beabadoobee. (Non le but de cette chronique n’est pas de cité tous les artistes queers que j’apprécie, mais il semblerait que c’est ce qu’il va se passer. Oopsie)
June Baby est suivi par Talk, une ballade indie pop qui rappelle l’univers de Phoebe Bridgers. Mais c’est avec California Sober qu’elle change completement de registre et vient faire honneur à ses origines cubaines avec des mélodies plus entrnantes qui rappellent les classiques du Buena Vista Social Club, remis au gout du jour avec une production plus actuelle. Le clip qui accompagne ce morceau, met quand à lui la communauté queer à l’honneur. Avec des inspirations et des couleurs à la Heartstopper mais en plus adulte et beaucoup moins polissé. Comme si Nick, Charlie et toute la bande avaient enfin quittés leurs chambres d’ados et vivaient en colloc au Sud de Londres où iels organiseraient les meilleures soirées. L’abum se poursuit et Victoria Canal continue d’explorer des registres inatendu avec Cake. Définitement le morceau qui m’a le plus surpris à la première écoute et qui a fini par devenir mon préféré. Cette fois on est plus sur une dark pop à la Mélanie Martinez/Dave Cameron. Avec des paroles toujours plus explicites : Fuck the cake, let’s go straight to the vodka
Après nous avoir montrer ce dont elle était capable, Victoria Canal revient en territoire plus familer pour le reste de l’album. La fête est finie, la lune de miel aussi, les insécurités refont surface et avec elles c’est le retour du piano/voix de la mélancolie et des guitares acoustiques. Ses détraqteurs diront peut-être, comme ils l’ont dit pour Billie Eilish, qu’elle ne fait que chuchotter. Mais elle nous prouve le contraire avec quelques morceaux plus imposant comme Vauxhall ou encore Black Swan déjà présent sur son EP WELL WELL. En début de chronique je mentionais Coldplay, et bien en arrivant à la fin de cet album je peux vous dire qu’elle n’a pas seulement partager la scène de Glastonbury avec Chris Martin et sa bande mais qu’elle a clairement été influencée par eux. Des morceaux comme Totally Fucking Fine et Hollow en sont le parfait exemple. (Le Coldplay du début des années 2000, soyons clairs. De toute façon je me suis arrêter en 2012)
On pourrait reprocher à Slowly it Dawns d’être un peu décousu, de ne pas trop savoir où Victoria Canal veut nous emmener, mais il n’en reste pas moins un premier effort très cohérent et touchant, qui ne présage que du bon pour la suite. Car même si elle a déjà plus de 10 ans de songwritting dérrière elle, rappelons que Victoria Canal n’a même pas 27 ans et qu’elle a encore le temps de se trouver. Et elle est lion. Comme moi. Oui il fallait que je termine cette chronique avec une référence à l’astrologie. Sorry not sorry. Au moins vous savez où vous mettez les pieds, et la boucle est bouclée.
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